Méditation de l'aumônier au début de l’Assemblée

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Loué sois-tu, Seigneur… !

Loué sois-tu pour toi qui m’ouvres ta porte, pas souvent ouverte, car tu n’as pas beaucoup de visites, un peu oublié au fond de la maison de retraite. Peu de paroles, mais alors, que de regards interrogateurs, tellement appuyés que tu voudrais que je ne parte pas.

Loué sois-tu pour vous les personnes âgées ! Que de richesses vous apportez, avec votre vraie sagesse, la sagesse du cœur, avec le retour aux valeurs fondamentales.

Que vous soyez handicapées, lourdement parfois, ou malades, vous parlez toujours d’offrir votre vie, vos souffrances et vous dites qu’ainsi vous retrouvez le goût de la prière authentique d’offrande, de don.

Même fatigué, c’est vous qui essayez de porter la joie. C'est vous qui gardez confiance en l’avenir, confiance en Dieu. Et n’avez pas peur de le dire, de dire que l’une des premières conditions pour être serein, c’est d’accepter sa condition, même difficile.

Merci pour la confiance que vous manifestez en me recevant et en partageant ce qui fait votre vie, partages jamais anodins, même durs à supporter, car les confidences se suivent et ne peuvent laisser indifférents.

Merci pour la chaleur humaine que vous communiquez. Dans la vie qui se déroule vers sa fin, vous montrez souvent que vous avez enfin le temps de vivre, car vous savez le sens de la vie. Combien disent que ce qui arrive, et bien, c’est la volonté de Dieu, qui accorde ainsi un temps où l’on a du temps pour prier, pour penser, comme dit notre pape : « On a du temps pour gérer, enfin, la grâce de Dieu avec les dons qu’il nous donne. »

Quelle sagesse ! : Léopold, parti hier, disait après une vie de 96 ans et une retraite à deux de 35 années : « que pourrais – je demander de plus, nous avons bien profité de ce que le Seigneur a donné. Maintenant, c’est quand il voudra… »

C’est le pape François qui compare les anciens à une chorale, à un pilier qui soutient la société, parce que la société, elle, n’a plus le temps. Les plus âgés eux, sont là pour soutenir les jeunes, en pensée et par la prière et ils savent que si la société veut les écarter, le Seigneur, lui, ne le veut sûrement pas.

Merci pour vous tous, ici, pour votre aide, votre soutien quand vous prévenez, quand vous signalez, quand vous visitez vous aussi, donnez des nouvelles, demandez des nouvelles, quand vous les partagez. L’avrelca veut être une famille où chacun se préoccupe encore de l’autre.

Tout cela ne se fait pas sans angoisse, sans effort, sans fatigue, aussi quand je me sens « démuni », quand je me sens « petit », la prière vient insensiblement, pour me mettre entre les mains du Seigneur, me laissant guider par sa volonté, comme nous disons dans le Notre Père. 

Alors, je demande le secours de Dieu :
         - Père qui guide les pensées,
         - Fils avec son cœur aimant 
         - Esprit, souffle de la parole.

Je peux vous partager la prière qui me vient alors avant d’arriver chez l’un ou l’autre.
C’est comme un psaume :
« Seigneur, fais-moi trouver les gestes et les paroles … pour réconforter
Ordonne mes idées  … que je sois capable de  penser
Remplis mon cœur de sentiments … que je sache aimer ! »

François Vrignaud
Aumônier adjoint.