Pâques : une lumière dans la nuit

” Le Christ est ressuscité ” C’est l’expérience faite par Marie Madeleine venue embaumer le corps de Jésus et qui découvre le tombeau vide.

Le Christ est ressuscité ” C’est l’expérience faite par les disciples Pierre et Jean qui courent au tombeau pour vérifier les paroles des femmes qui disaient ne pas avoir trouvé son corps.

” Le Christ est ressuscité ” C’est encore l’expérience des disciples d’Emmaüs qui reconnaissent Jésus à la fraction du pain alors qu’ils avaient cheminé avec lui eux sans le reconnaître.

Au moment où les disciples font cette expérience,
un véritable bouleversement s’opère en eux.

Rappelons-nous : ils viennent de vivre l’arrestation de Jésus, sa passion, sa mort: tout semble définitivement perdu, L’espérance qu’ils avaient mise en lui est anéantie. Et voilà qu’en un instant, avec cette prise de conscience que Jésus est bien vivant, une brèche s’est ouverte. Le Christ se révèle à eux comme étant la vie, le vivant. Pâques, c’est vraiment le triomphe de la vie. Nous passons du Jésus défiguré du jour du Vendredi Saint…défiguré par la souffrance, défiguré par les abandons au Christ transfiguré, ressuscité.

” Le Christ est ressuscité ” 

Peut-être avons-nous envie de dire : ” C’est un événement du passé “. En quoi me rejoint-il ? En quoi rejoint-il notre humanité aujourd’hui ? »

Pourtant, avec les événements que nous vivons, nous expérimentons que nous-mêmes, notre monde avons besoin de passer des ténèbres à la lumière, du doute à l’espérance, de la mort à la vie. Le mot Pâques veut précisément dire « passage ; »

Nous-mêmes, notre monde éprouvons le besoin de passer de la violence à la paix. Notre terre, blessée par quantité de conflits, aspire à plus de paix.

Nous-mêmes, notre monde éprouvons le besoin de passer de la vengeance au pardon. Nos vies sont empoisonnées par des rancœurs et nous éprouvons ce besoin de connaître la joie du pardon, de la réconciliation.

Nous-mêmes, notre monde éprouvons ce besoin de passer de l’isolement à l’ouverture. Avec la pandémie, tout nous pousse à l’isolement, la solitude alors que nous éprouvons le besoin de relations..

Nous-mêmes, notre monde éprouvons le besoin de passer de l’égoïsme, du chacun pour soi à la proximité, à la solidarité. La période difficile actuelle pourrait conduire au chacun pour soi alors que ce n’est qu’ensemble, en faisant preuve de plus de proximité, de solidarité que nous construirons ce monde plus habitable pour tous.

Nous-mêmes, notre monde éprouvons le besoin de passer des ténèbres à la lumière. Beaucoup de gens, de jeunes en particulier, voient leur avenir s’obscurcir et aspirent à trouver un sens, des objectifs à leur vie.

Nous-mêmes, notre monde éprouvons le besoin de passer du doute, de l’inquiétude à l’espérance alors que l’air que nous respirons ne provoque souvent que du pessimisme. Etc

 Oui, c’est au bien au plus profond de nos aspirations, des aspirations du monde que l’événement de la Résurrection du Christ nous rejoint.

A sa suite, Jésus veut nous entraîner vers plus de vie,
une vie renouvelée, une vie de ressuscité.

Et, de fait, aujourd’hui encore, quantité de gens vivent en se laissant animer par l’Esprit du Christ ressuscité. Leur vie en est transfigurée et leur témoignage est Bonne Nouvelle pour notre monde. Comme je le disais à l’instant, le mot Pâques veut dire Passage. Eh bien !

Aujourd’hui encore, des gens vivent ce passage du repli à l’ouverture aux autres. Nous connaissons cette tentation de nous retrouver entre nous, avec ceux qui partagent nos opinions,. Et voilà que le Christ nous provoque à vivre ce passage vers l’ouverture aux autres, l’accueil de leur culture, de leur différence.  Aujourd’hui, nous sommes les témoins émerveillés d’engagements personnels ou d’initiatives d’Église pour signifier l’accueil de l’étranger, du migrant. Quelle belle bonne nouvelle pour un monde enclin à se protéger de tout !

Aujourd’hui encore, des gens vivent ce passage de la vengeance au pardon, de la rupture à la réconciliation. Face à ceux qui nous blessent par leurs paroles, leurs actes, nous avons envie de vengeance.”. Et voilà que le Christ nous provoque au pardon. Témoignage difficile dans un monde où souvent, la loi du plus fort s’impose. Et aujourd’hui encore, nous sommes les témoins émerveillés de gestes de pardon après des conflits douloureux. Quelle Bonne Nouvelle pour notre monder déchiré !

Aujourd’hui encore, des gens vivent ce passage de l’égoïsme au partage, à la solidarité. La crise économique, la crise sanitaire, les difficultés à dialoguer, pourraient conduire au chacun pour soi, à la défense de nos intérêts personnels, au corporatisme. Et voilà que le Christ nous provoque au partage, la solidarité, la proximité avec ceux qui sont blessés par la vie. Aujourd’hui, nous sommes les témoins émerveillés de gestes de partage, d’engagement au service des personnes défavorisées. Brèche ouverte dans l’individualisme ambiant.

Aujourd’hui encore, des gens vivent ce passage du pessimisme à l’espérance. Bien sûr, nous avons des raisons légitimes d’inquiétude sur nos vies de famille, l’avenir professionnel des enfants, la vie de nos communautés chrétiennes, de l’Église. Et voilà que le Christ nous provoque à l’espérance. Et de fait, aujourd’hui, nous sommes les témoins émerveillés  d’initiatives prises qui suscitent l’espérance.

Oui, que souffle, aujourd’hui encore, l’Esprit du Christ ressuscité ! Il vient dissiper nos nuits pour nous ouvrir à l’espérance.

Abbé Marcel BIDAUD
aumônier Avrelca

 

 

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