De l’observation à l’engagement

BILLET PASTORAL
Regarder pour voir… Ecouter pour entendre…

Ce sont 2 attitudes essentielles pour porter un diagnostic sur des situations… sur notre monde… sur l’Église. Mais, allons-nous nous satisfaire de ce rôle d’observateurs ?

«  J’ai vu la misère de mon peuple. J’ai entendu son cri. » Ex 3,17

  • Mais, Dieu ne s’est pas contenté de voir la situation de son peuple. Il envoie Moïse pour le délivrer de l’esclavage en Égypte. Il envoie des prophètes pour l’accompagner dans sa traversée du désert.
  • Jésus ne s’est pas contenté de voir les malades qui accouraient vers lui  ou les étrangers qui étaient mis à l’écart. Il s’est arrêté à eux, les a guéris, les a accueillis.

    Jésus n’est pas venu en observateur à la rencontre des hommes.

Il a connu nos joies et nos peines ; il a partagé jusqu’à nos souffrances et notre mort. Il s’est impliqué, a travaillé, à sa mesure, à changer des relations, à modifier des comportements :

  • Jésus s’est impliqué jusqu’à se mettre à dos les pharisiens en pardonnant à la femme adultère alors que, selon la loi, elle devait être lapidée. Tout en l’invitant à une vie renouvelée : «Va et, désormais, ne pèche plus. » Jn 8,11
  • Jésus s’est impliqué jusqu’à susciter l’incompréhension en allant chez les pécheurs : «  Si cet homme était un prophète, il saurait bien qui est cette femme qui le touche. » Luc 7, 39. A ces personnes, il répondra : «  Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin mais les malades.» Mt 9,12
  • Jésus s’est impliqué en s’arrêtant aux lépreux, allant à l’encontre de la pratique juive qui voulait les tenir à l’écart de la ville.
  • Jésus s’est impliqué en accordant la guérison à des étrangers, voire des occupants, soulevant l’hostilité des Juifs qui pensaient être les seuls bénéficiaires du salut qu’apporterait le Messie.

Loin d’être un observateur qui regarderait, de l’extérieur, les conditions de vie infligées aux personnes, tant par la société que par la religion, Jésus s’implique, de manière très concrète, quitte à en payer le prix fort.

    A son exemple, ne rêvons pas notre monde !  Ne rêvons pas notre Église !

ls sont ce qu’ils sont ; ils sont également ce que nous les avons faits . Prenons plutôt notre part active – chacun à notre mesure – pour que cette « maison commune »  comme le Pape François aime appeler notre terre, soit plus habitable pour tous.

Dans nos vies de famille, dans nos relations de quartier, sur nos lieux de travail, au sein de notre Eglise, chacun, en fonction de son âge, de ses capacités, peut apporter sa pierre à la construction d’un monde plus fraternel.

Il revient à chacun de s’impliquer, de fleurir la vie de ceux avec qui il fait route.                                                                                                                                                              Abbé Marcel Bidaud

 

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