Au-delà de nos soifs

BILLET PASTORAL
Donne-moi  à boire
(Jn 4,7)

Nous reconnaissons la demande faite par Jésus à la Samaritaine. Au terme d’une matinée de marche, sous le soleil, il s’assoit sur la margelle du puits. Et voilà qu’arrive une femme pour y puiser de l’eau. Il va lui faire cette demande : «  Donne-moi de l’eau.» Les voyageurs qui arrivent de Jordanie, Israël , passant du désert aux terres irriguées, ont pu mesurer l’importance décisive de l’eau.

Durant plusieurs mois, cet été, l’eau a fait l’objet de bien des conversations tant le manque se faisait sentir. Les organismes étaient fatigués par la canicule ; la végétation était en souffrance ; des exploitations, inquiètes de leur avenir. Sans oublier des régions, des pays atteints bien plus que nous.

Nous éprouvions la nécessité vitale de l’eau en bien des domaines.

  • L’eau qui étanche la soif.
  • L’eau qui lave et nettoie pour redonner un aspect neuf
  • L’eau qui hydrate les malades fiévreux.
  • L’eau qui permet à la végétation de se développer et de produire des fruits.
  • L’eau du baptême qui fait naître à la vie nouvelle d’enfant de Dieu.

 Quelles sont nos  soifs ? 

Soif d’eau, tout simplement, dans certains pays où l’eau potable se fait rare.
Soif de considération. Les manifestations récentes de pompiers, gendarmes, personnels de santé, agriculteurs, au-delà des revendications financières, révèlent une soif de reconnaissance.
Soif de repères. Des législations nouvelles sur la famille, la fin de vie sont lourdes d’enjeux pour la société et troublent des manières de penser et de vivre qui nous ont construits.
Soif de paix et de réconciliation entre les peuples, bien sûr, mais aussi, jusqu’au sein de nos familles où des relations sont distendues, voire rompues par des conflits.
Soif de sens. Combien de gens, de jeunes en particulier sont en quête d’un sens à donner à leur vie et s’égarent sur des chemins qui ne leur offrent souvent que désillusion.
Soif d’intériorité. Quantité de propositions, de divertissements nous sollicitent et risquent de nous faire vivre à la surface de nous-mêmes.

A quelles sources allons-nous nous désaltérer ?

Prenons le temps de nous asseoir, de discerner quelles sont nos soifs, nos attentes profondes qui sont bien au-delà de nos envies, de nos désirs passagers.
Dieu a entendu le cri , vu la misère de son peuple, esclave en Égypte, souffrant dans le désert et l’a accompagné pour combler ses soifs, ses attentes.  En Jésus Christ, il vient prendre nos routes, partager nos vies pour nous faire vivre de la sienne. Il vient nous combler au-delà de nos attentes, au-delà de nos soifs.

«  Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et que cette vie, ils l’aient en abondance.» Jn 10,10

 Allons puiser à cette source

P. Marcel BIDAUD,
décembre 2019

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